Bonjour bébé, adieu longues nuits et grasses matinées !

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Pas facile, les premiers mois quand le sommeil de bébé est plus ou moins agité et pas encore bien réglé. Les nuits des parents s’en ressentent. Mais comment faire au mieux ?
Avec Claude Guyou-Estable, pédiatre.

Côté berceau

Son sommeil conditionne le vôtre… Agissez autant que faire ce peut. Car bébé n’est pas une mécanique bien huilée. Quelques conseils pour l’aider à dormir et laisser à ses heureux parents le temps de souffler un peu.

Prendre le bain le soir

A la maternité, en général, la toilette avait lieu le matin. De retour à la maison, changement d’horaire, un bain le soir a le mérite de le détendre, de l’apaiser avant d’aller le coucher.

Instaurer le rituel du dodo

Tout petit déjà, il aime qu’on lui parle, qu’on le berce doucement, peau à peau, en lui racontant une histoire. Cela le rassure et le dirige tendrement dans les bras de Morphée.

Ne pas l’énerver

Eviter les câlins trop « chatouilles », la télévision ou encore une mélodie trop puissante ou rythmée dès le repas du soir fini. Ils peuvent l’énerver et nuire à son endormissement

Respecter son rythme

Ne pas vouloir aller plus vite que la musique et savoir être patient. Les rythmes sont très variables d’un enfant à un autre. Un bébé d’un mois va faire ses nuits, alors qu’un de bientôt trois ans réveillera encore ses parents. En principe, un bébé se couche tôt et se lève dès potron-minet. Pour les gloutons qui terminent systématiquement leur biberon du soir, il est possible de leur donner un petit coup de pouce en ajoutant de la farine. Mais pas avant six, voire huit mois et avec l’accord du pédiatre uniquement.


Des heures régulières

Le coucher tôt à heures régulières, même s’il est bien éveillé, dès l’âge de 6 à 8 semaines. Il a besoin de ce temps calme pour s’endormir doucement et longtemps.

Attendre un peu

La nuit, ne pas se précipiter sur son berceau, dès les premiers pleurs. Et si vous allez dans sa chambre, faites-le silencieusement et sur une courte durée. Une petite caresse, un simple mot de réconfort, rien de tel pour le rassurer. Le but étant qu’il se rendorme rapidement et vous aussi.

Un bon environnement

Dans la journée, laisser la chambre simplement à la lumière du jour, la nuit, en revanche, elle est plongée dans la pénombre. Ainsi le bébé apprendra plus vite à faire la différence entre le temps où l’on dort et celui on l’on est éveillé et se réglera plus vite.

Du silence oui mais pas trop. Un bébé en général aime s’endormir bercé par les bruits quotidiens de la maison, ça le rassure. La nuit en revanche un calme complet s’impose

Une température entre 18 et 20°, une ambiance pas trop sèche dans la chambre. Penser à bien aérer matin et soir et poser un bol rempli d’eau sur le radiateur.

Les bienfaits de l’emmaillotage. Jusqu’à 3 ou 4 semaines, certains bébés aiment être maintenus, comme dans un cocon. Si vous passez du berceau au lit d’enfant, optez pour un nid ergonomique d’éveil et de confort (Cocoonababy®) qui va l’accompagner de la naissance à ses quatre mois environ.

Attention, ni couette, ni oreiller pendant les deux premières années, préférez turbulette ou sur pyjama.

Eviter d’installer dans son lit tout ce qui est excitant : jouets mobiles, musiques … Surtout pour les grands éveillés qui ne lâchent presque jamais pas prise, notamment ceux qui dorment bien la nuit et peu dans la journée, et les nouveaux nés qui ont besoin de calme.

Ne pas attendre qu’il tombe de sommeil

Un enfant trop fatigué va s’énerver et peinera à s’endormir. Aux alentours de trois ou quatre mois, surtout quand les périodes de sommeil nocturne s’allongent, attention aux siestes trop longues de l’après-midi (plus de 3 heures) ou aux petits repos entre 16 et 18 heures, qui peuvent perturber l’endormissement du soir et la nuit.

Côté parents

Une perte de sommeil ? Normal, les premiers semaines, stress, fatigue et crainte de ne pas bien faire perturbent souvent les nuits des parents. Les mois suivants bébé va prendre beaucoup de place… Quelques astuces pour ne pas tomber de fatigue.

Un bon lit

Changer de literie, c’est maintenant ou jamais de s’offrir un lit confortable garant d’un sommeil plus réparateur. Selon une étude « Santé et literie » réalisée par TNS pour Healthcare en 2007, les Français en changent en moyenne tous les quatorze ans, alors qu’il faudrait le faire tous les dix ans. A quand remonte votre dernier achat ?

S’octroyer des pauses

Profiter du congé maternité, pour caler son sommeil sur le sien dans la journée et faire ainsi des siestes quand il dort. Travaux ménagers et autres activités à la maison peuvent attendre.

Passer le relai

Une nuit sur deux, quand bébé est allaité, tirer son lait, le papa peut ainsi prendre la relève pour soulager la maman. Un principe à adopter uniquement quand l’allaitement est bien en place et coule de source.

Et puis, bon à savoir, La nature fait les choses. Quand on allaite la succion de bébé fait sécréter à maman des endorphines qui l’aident à se reposer. Des bienfaits que ne possède pas encore un tire-lait.

Dormir ensemble

Utile quand on allaite, ou même s’il est au biberon, de le faire dormir dans sa chambre, tout à côté, mais dans son lit, pas dans celui des parents. C’est plus facile de le prendre sans se déplacer puis de se rendormir quand la tétée est finie. Inutile de le changer systématiquement sauf, s’il a des selles. Et optez pour ces couches en coton que l’on ajoute dans le change-complet. Elles ont le mérite d’éviter les fuites, de garder les fesses de bébé bien au sec et de prévenir les érythèmes.

On se sépare

Au delà de six mois, quand son rythme commence à se stabiliser, il est conseillé selon la direction générale de la santé, de l’installer dans une chambre bien à lui. Et si ce n’est possible, faute de place, délimiter son endroit avec un meuble ou un paravent. Lors de ses réveils nocturnes, il ne vous verra pas et se rendormira, sans avoir envie, à priori, de vous solliciter.

Le rot oui mais

Un bébé nourri au sein, n’a pas besoin de faire un rot, puisqu’il n’a pas ingéré d’air. A contrario s’il prend un biberon, attendez qu’il l’évacue juste après. Pour ce faire, vous pouvez tout simplement vous asseoir dans votre lit. Et cela va en général assez vite.

Manger léger le soir

La qualité du sommeil dépend aussi de nos habitudes alimentaires. Eviter boissons alcoolisées, graisses cuites, aliments trop gras, viandes rouges et plats épicés. Oublier café, thé, et autres boissons excitantes après 16 h00. L’idéal : des légumes verts, un peu de féculents ou des protéines maigres.

Se vider la tête

Exit émissions stressantes à la télévision et ordinateur qui énervent avant de se coucher. Préférer un bon livre, un petit moment de relaxation ou d’étirement avant de se glisser sous la couette, ou un câlin…

Et pourquoi pas une petite sortie à deux, de temps en temps, quand bébé est entre de bonnes mains, pour changer d’air, rentrer en marchant et se coucher heureux et sereins.

Et si le courage est là, le temps aussi, reprendre doucement mais sûrement le sport, quand le médecin l’autorisera. Rien de tel qu’une séance sur un vélo d’appartement, un jogging pour libérer des endorphines, ces substances qui vident la tête et procurent un sentiment de bien-être.