Les infections ORL

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Infections ORL: prévenir et guérirAussi attendues que le père Fouettard, les maladies du nez, de la gorge et de l’oreille sont la plaie de l’hiver. Le point avec l’aide du professeur Van Den Abbeele, chef du service ORL à l’hôpital Robert Debré à Paris.

Les Otites

L’otite moyenne aiguë correspond à une infection virale ou bactérienne de l’oreille, qui provoque une accumulation de pus derrière le tympan. Les otites sont plus fréquentes chez le nourrisson que l’enfant plus grand en raison de l’acquisition progressive des défenses immunitaires. L’otite séreuse est une complication de l’otite moyenne aigue (10% des cas). Il n’y a plus de pus derrière le tympan mais des liquides séreux non infectés qui peuvent gêner l’audition et favoriser les otites chroniques. Enfin l’otite externe est une inflammation du conduit auditif externe, sans microbe en cause. Les otites ne sont pas contagieuses.

Signes : la douleur à l’oreille et la fièvre sont les signes principaux. Chez les plus petits, d’autres manifestations -parfois trompeuses- peuvent exister : manque d’appétit, régurgitations, diarrhée persistante, enfant grognon. L’otite externe ne provoque pas de fièvre, par contre la douleur au niveau de l’oreille est très importante, et lorsqu’on fait bouger le pavillon, elle augmente.

Complications possibles : l’otite peut dégénérer en mastoïdite, avec formation d’un abcès au niveau de l’os et pavillon qui se décolle. Une intervention chirurgicale est alors nécessaire. Un risque de méningite existe avec les otites purulentes dues à un pneumocoque.

Soins : toute otite moyenne aiguë purulente doit être traitée par antibiotiques. Lorsque l’otite moyenne aiguë se perfore et laisse évacuer du pus à l’intérieur de l’oreille (ce qui est plutôt de bon augure), évitez les bains. La pause d’aérateurs (autrement appelés yoyos) est efficace en cas d’otite séreuse ou en cas d’otites moyennes aiguës à répétition, mais on évite de les poser avant 18 mois. L’otite externe, non virale, ne nécessite pas d’antibiotique mais des anti-inflammatoires.

 

Prévention : carence en fer, garde en collectivité (crèche), reflux gastro-oesophagien (qui provoque des régurgitations longtemps après l’ingestion du repas, à ne pas confondre avec de simples renvois), allergies (poussière, acariens, pollen…) et tabagisme parental sont des facteurs de risque. A savoir : l’allaitement au sein a démontré un rôle protecteur dans l’apparition d’otites à répétition.